Procrastinons un peu…

Un peu de tout et de rien avec de la science au milieu

Lectures

Les vacances, c’est bien.

Non pas parce que je peux enfin rattraper son sommeil en retard et profiter des films/séries TV/expositions que j’ai manqué, c’est surtout parce qu’à chaque période de fêtes, je retourne dans ma chère patrie pour quelques jours. Un de mes premiers réflexe à mon arrivée est de foncer dans une librairie pour faire l’emplette de quelques livres car les livres francophones sont une chose rare à Berlin.

J’ai donc acheté et lu le Traité d’athéologie du philosophe Michel Onfray. Lu et aimé. Pour tout vous dire, je suis un athée convaincu depuis plusieurs années mais je n’avais pas encore eu entre les mains un livre convaincant sur le sujet. J’avais lu il y a quelques temps The God Delusion de Richard Dawkins (le titre français m’échappe) et j’avais été partagé. Certains passages étaient amusants mais sa volonté d’utiliser la science à tout prix pour prouver l’inexistence de(s) dieu(x) devenaient lourds après un certain temps, l’utilisation presque abusive de la science pure pour cela devenait dommageable. Je suis un partisan de la séparation de la science des autres disciplines (ce n’est pas à la science de répondre à des questions philosophiques).

Le livre de Michel Onfray apporte le regard d’un philosophe tourné vers le réel sur le monde des mythes et des croyances. Alors qu’il est (par moments très) virulent, j’en recommande chaudement la lecture. Michel Onfray déconstruit les religions et les croyances, rejetant ce qu’il appelle « la pulsion de mort » des religions et le fait de construire nos comportements et nos valeurs autour d’un au-delà qui n’existe pas. Il pointe les contradictions philosophiques, de valeurs et historiques des grandes religion. Le livre est en cela très bien écrit car très documenté (il renvoi sans cesse aux textes). Il propose de remplacer les valeurs héritées des religions, basées sur des principes faussés, par des valeurs basées sur le réel, la réalité.

À lire donc, si la dureté du propos peut parfois choquer, c’est le principe. Ce n’est pas un procès mais une exécution des religions.

Autre livre que je n’ai pas acheté mais que j’ai déniché dans la collection de livres familiale. Il s’agit des Choses Fragiles que Pierre-Gilles de Gennes a écrit avec Jacques Badot. Au début des années 90, auréolé de son récent Prix Nobel, le physicien Pierre-Gilles de Gennes entreprend une tournée des lycées. Il a compilé dans ce livre ses présentations et quelques réflexions. Pierre-Gilles de Gennes a un réel talent de vulgarisateur, il arrive à expliquer simplement les choses assez compliquées sur lesquelles il a travaillé. Il encourage à travers le livre d’avoir un esprit « à-la-Benjamin-Franklin », savoir déduire des choses compliquées en partant d’expériences simples, esprit que personnellement j’adore. C’est véritablement un esprit que l’on devrait enseigner aux futurs scientifiques, y compris aux actuels thésards comme moi.

Il y a dans ce livre en plus de la vulgarisation de ses travaux sur ce qu’il appelle la matière molle la promotion d’un certain esprit scientifique, donnant la part qu’elle mérite à l’expérimentation et aussi favorisant les ponts entre recherche fondamentale et appliquée. Pour lui, même si les deux ne font pas la même chose et n’ont pas les mêmes objectifs, les ponts existent dans tous les sens car pour lui beaucoup de ses thèmes de recherche sont parties de problèmes rencontrées dans la recherche industrielle. Qui plus est, ses piques contre le système éducatif français, beaucoup trop théorique, pas assez axé sur l’expérimental et le réel, déconnecté de la réalité, est toujours d’actualité alors que les grandes écoles françaises restent fermées au monde des boursier qui les entoure.

Deux livre qui se lisent vite et qui font réfléchir. Deux très bon livre comme il fait bon d’en lire.

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